Lady MO@

Haïti, une soeur de lait

Il est des endroits dont on ne parle jamais, parce qu'il ne s'y passe jamais rien... enfin, rien d'intéressant qui réponde aux critères de notre société consumériste.

Il est des endroits dont on souhaiterait qu'ils ne soient pas portés sur le devant de la scène. Car,  ils ne le sont que pour montrer que dans leur misère, ils peuvent connaître encore plus tragique.

 

Faut-il que ces "terres du bout du bout du monde" soient ravagées pour que, enfin, nous arrêtions de touner autour de notre nombril? (Vous êtes-vous jamais posé la question de savoir pour qui la France peut-être une terre du bout du monde?)

 

Le malheur attire les projecteurs comme autant de "mouches à miel".

La lumière est faite sur ce vaisseau immobile à la sombre destinée:

 

La leçon est donnée sur l'histoire (et les lacunes d'une colonisation non assumée refont surface), l'économie (inexistante), la politique (prise de hoquets démocratiques), les pratiques religieuses (no comment)... tout ce qui pourrait permettre aux voyeurs de s'abreuver d'images apocalyptiques, au prétexte de s'informer du "pourquoi" et du "comment" de cette soudaine mobilité d'un véhicule qui cale au point mort.

 

Et voilà, qu'à ces maux, le mot est lancé: maudite, Haïti serait-elle maudite?

... et parfois-même de la bouche de ses propres enfants, la mot est craché comme pour la libérer de ses maux...

 

Ne souhaitant pas en rester à ce vacarme médiatique, j'ai cherché sur la toile le fil qui me conduirait à une autre vision de ce bateau naufragé, qui tient à cette heure du radeau de la Méduse. Il n'est pas question de nier la réalité, ou de minimiser la douleur aïgue de ce peuple atteint d'une souffrance chronique.

Mais, j'ai l'espoir qu'un jour, telle la poétesse haïtienne Marie-Thérèse Colimon Hall, les enfants d'Haïti puissent dire de leur pays:

 

" S'il me fallait, au monde, présenter mon pays

Je dirais la beauté, la douceur et la grâce

De ses matins chantants de ses soirs glorieux

Je dirais son ciel pur, je dirais son air doux

( … )

Et les soleils plongeant dans des mers de turquoise

Je dirais, torches rouges tendues au firmament,

La beauté fulgurante des flamboyants ardents,

Et ce bleu, et ce vert, si doré, si limpide

Qu'on voudrait dans ses bras serrer le paysage.

Je dirais le madras de la femme en bleu

Qui descend le sentier son panier sur la tête

L'onduleux balancement des ses hanches robustes

Et la mélodie grave des hommes dans les champs

( … ) "

in Mon pays, Mon cahier d'écritures**

 

Elle a des faux-airs de mon île natale cette grande soeur antillaise.

 

 

**: Source: La poésie féminine haïtienne par Saint-John Kauss



14/01/2010
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